La question revient dans toutes les agences de 2 à 15 personnes au moment où le carnet déborde : on embauche un intégrateur/développeur WordPress, ou on externalise ? La réponse honnête n'est pas un camp, c'est un seuil. Calculons-le.
Combien coûte vraiment un développeur WordPress salarié ?
Le salaire chargé
Hypothèse de travail : un profil intégrateur/développeur WordPress junior-confirmé. Le salaire annuel moyen d'un développeur WordPress en France est d'environ 39 500 € brut selon Glassdoor, avec un premier quartile à 31 500 €. Retenons 34 000 € brut/an pour un junior-confirmé hors Île-de-France. Adaptez si vous recrutez à Paris (moyenne constatée autour de 45 000 €).
Les charges patronales représentent en pratique 25 à 42 % du brut selon le niveau de salaire et les allègements. À ce niveau de rémunération, avec la réduction générale sur les bas salaires partiellement applicable, retenons 33 %.
Coût employeur : 34 000 € × 1,33 ≈ 45 200 €/an, hors mutuelle, tickets restaurant, équipement et licences (ajoutez 2 000 à 3 000 €/an). Total retenu : 47 500 €/an.
Le coût d'entrée : recrutement et montée en charge
Deux coûts que le calcul de coin de table oublie toujours.
- Le recrutement lui-même coûte entre 3 000 et 10 000 € par poste en France en 2025 : annonces, temps de tri et d'entretiens, intégration. Retenons 5 000 €, amortis sur 3 ans ≈ 1 700 €/an. Et le marché ne vous facilite pas la tâche : les développeurs expérimentés sont peu nombreux à vouloir travailler exclusivement sur WordPress. Les agences WP recrutent souvent des juniors qu'elles forment.
- La montée en productivité : un nouveau collaborateur met 3 à 6 mois à atteindre sa pleine efficacité, avec une productivité limitée à environ 60 % pendant cette phase, sans compter le temps de l'équipe qui l'accompagne. Sur la première année, c'est l'équivalent de 20 à 30 jours de production perdus.
Les jours réellement produits
Un salarié à temps plein, c'est environ 228 jours travaillés par an (365 moins les week-ends, 25 jours de congés et les jours fériés). Retirez la formation continue, les réunions internes, les arrêts maladie et les inévitables creux entre deux projets. En agence, un ratio de production effective de 80 % est déjà bon. Soit ~180 jours produits par an en régime de croisière, et plutôt ~155 la première année (montée en charge déduite).
Le coût par jour produit
| Année 1 | Régime de croisière | |
|---|---|---|
| Coût annuel (chargé + recrutement amorti) | 49 200 € | 49 200 € |
| Jours produits | ~155 | ~180 |
| Coût par jour produit | ~317 € | ~273 € |
Important : ce coût est fixe. Que le carnet soit plein ou vide, les 49 200 € sortent.
Combien coûte la même journée en sous-traitance ?
Le baromètre Malt 2026 donne, pour un développeur WordPress freelance en France : 291 €/jour en junior, 361 € en intermédiaire, 449 € en confirmé, 498 € en expert. Les structures de sous-traitance spécialisées agences se situent dans la même zone (souvent 350-500 €/jour selon la séniorité et l'engagement de volume), quand les agences classiques facturent 700 à 1 200 €/jour en direct. Pour décortiquer ce que recouvre chaque ligne de tarif, voir ma grille honnête du coût d'une journée de production WordPress.
À la journée, la sous-traitance est donc 30 à 60 % plus chère que votre salarié en croisière. Mais elle est variable : vous ne payez que les jours réellement produits, vous arrêtez quand vous voulez, et la compétence arrive formée.
La colonne « externalisation » de ce calcul reste théorique tant que vous n'avez pas un TJM réel en face d'un besoin réel. Sortez de votre pile une tâche en attente (une intégration, une feature WooCommerce, une reprise) et envoyez-moi le brief : vous recevez un chiffrage précis sous 24 h, sans engagement. Vous aurez un comparable concret à poser dans votre tableur, pas une fourchette de marché.
Envoyer un brief →Où est le point de bascule ?
Posons l'équation : à partir de combien de jours par an le salarié devient-il moins cher qu'un sous-traitant à 420 €/jour (milieu de fourchette confirmé) ?
49 200 € ÷ 420 €/jour ≈ 117 jours par an, soit ~10 jours de production par mois.
Trois lectures de ce seuil :
- Moins de 8 jours/mois de besoin : externalisez. Votre salarié vous coûterait 500 €+ par jour réellement produit (49 200 € ÷ 96 jours = 512 €), plus cher que n'importe quel sous-traitant français sérieux.
- 8 à 12 jours/mois : zone grise. Le chiffre brut dit « égalité », mais ajoutez le risque. Un recrutement raté coûte de 30 000 à 150 000 € selon les estimations du secteur, et un carnet de commandes d'agence n'est jamais garanti 12 mois à l'avance. La charge est-elle *régulière* ou faite de pics ? Des pics de 20 jours un mois et 3 le suivant plaident pour l'externalisation, même à volume annuel égal. C'est exactement le profil de charge d'un parc de maintenance.
- Plus de 15 jours/mois, stables, depuis 6 mois et plus : recrutez. À ce volume, le salarié gagne sur le coût, et vous internalisez la connaissance de vos projets. Beaucoup d'agences gardent malgré tout un sous-traitant en débord pour absorber les pics au-dessus de la capacité interne. Les deux modèles ne s'excluent pas.
Ce que le calcul ne capture pas (dans les deux sens)
Pour être honnête jusqu'au bout :
- En faveur du salarié : la connaissance accumulée de vos clients et de vos process, la disponibilité immédiate, la culture d'équipe. Ça ne se chiffre pas, mais ça existe.
- En faveur de l'externalisation : zéro engagement social, zéro management quotidien, une séniorité que vous ne pourriez pas vous payer en CDI à temps plein, et la capacité à dire oui à un projet demain matin sans attendre 3 mois de préavis plus 3 mois de montée en charge.
- Le piège des deux côtés : un sous-traitant mal choisi (code non maintenable, délais non tenus) coûte plus cher que tout le reste. Le critère de choix n'est pas le TJM, c'est la reprise possible du code par n'importe qui d'autre. Exigez de voir du code livré avant de confier un premier projet : par exemple un tableau de bord admin sur mesure, où la qualité du code se voit tout de suite. Et vérifiez que le profil correspond à votre besoin réel, ce que je détaille dans pour qui je travaille.
Refaites le calcul avec vos chiffres
La formule tient en une ligne : (salaire brut × 1,33 + 4 000 €) ÷ jours de besoin annuel, à comparer au TJM proposé. Si le résultat dépasse le TJM, externalisez. Sinon, recrutez, et félicitations, votre carnet est plein.
En bref
Externaliser ou recruter n'est pas une question de principe, c'est une question de seuil. Posez vos vrais jours de besoin annuels dans la formule et le chiffre tranche pour vous. Et si la charge est faite de pics plutôt que d'un flux régulier, l'externalisation garde l'avantage même à volume égal.
FAQ
À partir de combien de jours par mois faut-il recruter plutôt qu'externaliser un développeur WordPress ?
Le seuil de bascule se situe autour de 117 jours de production par an, soit environ 10 jours par mois, si la charge est régulière. En dessous de 8 jours par mois, l'externalisation reste plus rentable. Au-delà de 15 jours par mois stables, le salarié devient moins cher au jour produit.
Combien coûte réellement un développeur WordPress salarié par jour produit ?
En tenant compte du salaire chargé, du recrutement amorti et des jours réellement produits, comptez environ 273 €/jour en régime de croisière et 317 € la première année. Ce coût est fixe : il sort que le carnet soit plein ou vide.
Quel est le coût d'un recrutement raté dans une agence web ?
Les estimations du secteur vont de 30 000 à 150 000 € selon le poste et le moment où l'échec est constaté. Ce risque pèse lourd dans la zone grise des 8 à 12 jours de besoin par mois, où le calcul brut donne une quasi-égalité entre salarié et sous-traitant.
Peut-on combiner embauche et externalisation ?
Oui, et beaucoup d'agences le font. Elles internalisent la charge régulière avec un salarié et gardent un sous-traitant en débord pour absorber les pics au-dessus de la capacité interne. Les deux modèles ne s'excluent pas, ils se complètent sur les profils de charge irréguliers.
Pourquoi est-il si difficile de recruter un développeur WordPress expérimenté ?
Peu de développeurs confirmés souhaitent travailler exclusivement sur WordPress, perçu comme moins valorisant que d'autres stacks. Les agences recrutent donc souvent des juniors qu'elles forment, ce qui ajoute un coût de montée en charge de 20 à 30 jours de production la première année.